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Relation toxique dans le couple : pourquoi est-il si difficile de partir ?

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Les relations intimes toxiques ont des conséquences dramatiques sur la santé physique et mentale. Parfois les victimes de telles relations parviennent à quitter leur partenaire. Mais la séparation est toujours compliquée, peut prendre des années, et constitue souvent l’ultime couronnement de tentatives avortées. D’autres fois ces victimes restent, de manière tout à fait paradoxale, avec leur partenaire violent(e). Quelques mécanismes psychologiques bien identifiés permettent de mieux comprendre ce paradoxe ainsi que la complexité des situations vécues.

Les relations intimes parviennent parfois à un tournant qui rend la rupture inévitable. Les partenaires font alors le choix de la séparation, d’un commun accord, ou bien de manière unilatérale. Ce choix, même s’il occasionne de la souffrance, est assumé par deux adultes responsables, conscients de leur besoins insatisfaits.

« Should I stay or should I go ? »

Il en va tout autrement de ce qu’on appelle une relation « toxique », abusive ou encore dysfonctionnelle. On qualifiera de telle une relation fonctionnant sur une base de violence interpersonnelle, suscitant de la détresse chez au moins un des partenaires. Les personnes prises au piège d’une relation toxique se sentent souvent impuissantes à prendre des décisions conformes à leur besoins. Nous nous placerons dans le cadre simplificateur où l’un des partenaires, que nous appellerons l’agresseur, exerce la violence à l’encontre de l’autre, que nous appellerons la victime.

Les effets de la violence conjugale, qu’elle soit psychologique, physique ou sexuelle sont bien établis : dépression, trouble de stress post-traumatique (PTSD), troubles anxieux divers, troubles somatiques, utilisation de substance, etc. C’est pourquoi de nombreuses victimes choisissent de mettre fin à leur relation, seules ou avec l’aide de leur entourage, parfois d’un thérapeute.

Ainsi, quitter la relation toxique semble bien souvent constituer la solution la plus raisonnable. Du moins d’un point de vue extérieur. C’est en effet la solution prônée par l’entourage de la victime, amis ou famille. Mais du point de vue la victime, la situation est beaucoup plus complexe. De la prise de conscience au départ, le chemin est souvent très long, et n’aboutit parfois jamais.

La relation toxique invisible : habituation et impuissance apprise

La première difficulté rencontrée par certaines victimes d’une relation toxique est celle de la prise de conscience. En effet, ces personnes ressentent souvent un malaise latent vis-à-vis de la relation ou de leur partenaire. Elles sont en recherche active d’explications concernant ce malaise (internet, livres, thérapeute, etc.). La relation occupe leurs pensées de manière obsessionnelle et pourtant elles ne comprennent pas ce qui leur arrive.

La violence psychologique est la principale caractéristique d’une relation toxique

L’aveuglement de ces victimes peut étonner. En effet, comment ne pas se rendre compte qu’on subit des actes de violence ? Le problème est qu’on assimile trop rapidement la violence à une agression physique ou sexuelle. Recevoir un coup de poing dans la figure de la part de son partenaire peut être identifié comme un acte de violence sans trop de risque d’erreur. Mais comment interpréter les petites critiques quotidiennes que l’agresseur fait passer pour de la plaisanterie ?

Or les études montrent qu’en Europe et aux États-Unis, la majorité des actes de violence conjugale sont de nature psychologique. En France, 0,7 % des adultes âgés de 18 à 75 ans rapportent avoir subi au moins une agression physique ou sexuelle de la part de leur partenaire ou d’un ex-partenaire dans l’année précédente. Par contre, 11,6 % des adultes de la même tranche d’âge affirment avoir subi au moins un acte de violence psychologique de la part de leur partenaire durant les deux années précédent l’enquête (INSEE, 2016 ; CVS, 2019).

D’autre part, la violence psychologique précède toujours la violence physique ou sexuelle. C’est pourquoi cette forme de violence constitue véritablement le socle sur lequel se construit une relation toxique.

Enfin, cette violence psychologique se manifeste dans la relation de manière très progressive. Cette progressivité dans la manifestation de la violence psychologique constitue le premier facteur explicatif du piège qui peu à peu se referme sur la victime. En psychologie, on parlera pour le décrire « d’habituation ».

Relation toxique et habituation : la grenouille dans la marmite

L’habituation n’est pas un phénomène propre à la psychologie. Elle traverse en effet toute l’échelle du vivant, de la cellule eucaryote aux organismes les plus évolués. On la définit par la diminution, en fréquence et en intensité, de la réponse d’un organisme soumis à une stimulation répétée. Une petite fable permet de l’illustrer.

Une grenouille nage tranquillement dans une marmite remplie d’eau froide.

Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et elle continue à nager.

L’eau est maintenant vraiment chaude, la grenouille commence à trouver cela un peu désagréable. Elle s’affaiblit mais supporte la situation en restant immobile.

La température continue à grimper jusqu’à se mettre à bouillir. Mais il est trop tard pour la grenouille, elle est déjà cuite.

Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau bouillante, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée de la marmite.

Source: inconnue

L’histoire de la grenouille plongée dans l’eau bouillante pourrait n’être qu’une fable, mais la réalité dépasse parfois la fiction.

La banalité du mal : l’affaire Alex Skeel – Jordan Worth

Le 10 juin 2017, à 16h20, la police de Bedfordshire pénètre au domicile de Jordan Worth et d’Alex Skeel. Les voisins ont donné l’alerte, comme d’habitude. Mais cette fois-ci, le sergent Ed Finn décide de faire monter Alex dans la voiture de patrouille. Il ferme la porte et éteint sa caméra d’intervention. « Tu ne sortiras pas d’ici avant d’avoir tout dit » prévient le policier.

La grenouille et la marmite, une fable sur la relation toxique
La grenouille et la marmite

Jordan Worth et Alex Skeel se sont rencontrés en 2012, alors qu’ils étaient âgés de 16 ans. Lui se destinait à être coach et entraîneur de football, elle à poursuivre des études universitaires pour devenir enseignante. Ils filaient alors le parfait amour et deux enfants naîtront de cette relation.

Une montée progressive de la violence

« Elle n’aimait pas le gris, alors elle m’a demandé de changer de vêtements… puis de me couper les cheveux différemment. C’est comme ça que ça a commencé », confie Alex Skeel, effondré, au sergent. Au début, il s’agissait de petites brimades, de petites humiliations. Puis les insultes et la prise de contrôle ont suivi. « Elle me traitait d’idiot, disait que j’étais stupide. Elle était jalouse, voulait toujours savoir avec qui je parlais et qui je voyais ».

Les coups sont venus après 18 mois de relation, initiant un cycle infernal de violences physiques. Bouteilles fracassées sur la tête, attaques au tournevis, coups de marteau qui lui ouvrent l’avant-bras, coups de couteaux. Les blessures se sont accumulées. « Après un moment, je ne sentais plus rien… j’étais tellement habitué à la douleur. Du coup, elle passait à autre chose et trouvait une façon de me faire encore plus mal », raconte le jeune homme. «Un matin, elle m’a versé une casserole d’eau bouillante sur le dos, pour me réveiller, ça a été le pire en terme de douleur ». Lorsqu’il allait à l’hôpital pour soigner ses blessures, Alex affirmait qu’il s’était blessé tout seul.

Son calvaire a duré plusieurs années. Lorsque les policiers l’ont trouvé, il était squelettique et dormait par terre depuis 8 mois. Il se nourrissait des restes qu’elle consentait à lui laisser. Des blessures mal cicatrisées, des brûlures et des contusions recouvraient son corps. Les médecins qui l’ont examiné lui donnaient encore dix jours à vivre, au mieux.

Relation toxique : « on ne peut pas comprendre si on n’est pas dedans »

La jeune femme avait détruit son portable, fermé son compte Facebook et recréé un compte qu’elle alimentait avec du faux contenu. Elle l’avait complètement isolé de ses amis et de sa famille et lui avait fait croire que son grand-père était mort. Elle menaçait également de le tuer s’il parlait ou tentait de s’enfuir.

Jordan Worth a été arrêtée et condamnée, en avril 2018, à 7 ans et demi de prison pour contrôle coercitif et blessures volontaires avec circonstances aggravantes. C’est la première femme en Grande Bretagne condamnée pour violence psychologique domestique, depuis l’entrée en vigueur de la loi dans ce pays, en 2015.

Cette histoire tragique est emblématique du mode d’installation le plus fréquent de la violence extrême dans les couples, d’abord psychologique puis physique. Le mécanisme d’habituation conduit irrémédiablement la victime à la résignation, comme un condamné à l’échafaud. L’annihilation de sa volonté est totale.

Dans les interviews qu’il a données aux médias, Alex Skeel peine à expliquer l’engrenage infernal de ce qu’il a vécu. « Ça a empiré petit à petit », raconte-t-il. « On ne peut pas comprendre si on n’est pas dedans ». Quand les victimes comprennent ce qui leur arrive, il est trop tard, elle sont déjà cuites.

De l’habituation à l’impuissance apprise : les travaux de Seligman

Dans les années 70, Martin Seligman, le fondateur de la psychologie positive, a théorisé les conséquences extrêmes de l’habituation, en forgeant le concept « d’impuissance apprise ». En 1967, il a réalisé la première expérimentation animale sur le sujet.

Dans un premier temps, Seligman soumettait des chiens attachés à des stimuli aversifs (chocs électriques) dont ils pouvaient ou non, selon la condition expérimentale, contrôler l’arrêt. Dans une deuxième phase, les chiens détachés avaient la possibilité de sauter par-dessus une petite barrière pour échapper aux chocs électriques.

Les résultats montrèrent alors que les chiens auxquels on avait donné la possibilité de stopper les stimuli aversifs dans la première phase s’échappaient facilement dans la deuxième partie de l’expérimentation. Par contre, les chiens ne pouvant contrôler les chocs de la première phase étaient devenus incapables de sauter la barrière par la suite.

Seligman interprétait ce résultat comme la conséquence d’une absence de contrôle perçu de l’animal sur son environnement. Les chiens avaient « appris », en quelque sorte, à se résigner, persuadés qu’ils étaient de ne plus pouvoir contrôler ce qui leur arrivait.

L’impuissance apprise: une voie de compréhension de la dépression

Seligman étendit ces résultats issus du modèle animal à l’homme, dans le cadre de recherches sur la dépression. Ils ont permis de mieux comprendre cette maladie, également caractérisée par une forte résignation.

L'impuissance apprise empêche les victimes de sortir de la relation toxique
L’impuissance apprise de Seligman (image Pixabay, Fran mother of dogs)

Invité sur les plateaux de télévision pour évoquer son calvaire, Alex Skeel fit état de ce sentiment de résignation. L’annihilation totale de sa volonté qui l’empêchait de demander de l’aide et de s’enfuir. « J’étais en mode survie, je me disais que j’allais peut-être mourir » se confia-t-il.

La théorie de l’impuissance apprise permet ainsi de comprendre certaines situations de soumission et de maintien dans des relations abusives. Elle explique également les états dépressifs souvent observés à la suite de telles relations. En effet, les recherches montrent que les symptômes dépressifs, chez ces victimes, sont d’autant plus sévères que leur perception de pouvoir contrôler leur situation est altérée.

Rester dans une relation toxique ou en partir: une approche comportementaliste

Pourtant, cette théorie peine la expliquer la grande majorité des cas, ceux où les victimes sont parfaitement conscientes de la violence qu’elles subissent, et font cependant le choix de rester. Le modèle de l’impuissance apprise s’est ainsi avéré peu efficace pour prédire la décision d’une victime de quitter une relation toxique ou d’y rester.

L’approche comportementaliste, qui a nourri la théorie de l’impuissance apprise, a néanmoins apporté quelques clefs de compréhension du phénomène par le biais du conditionnement opérant. Et pour cause : son champ d’application est celui de l’apprentissage et du maintien des comportements.

Skinner et les lois du conditionnement opérant

C’est au psychologue américain Buhrrus Frederic Skinner, principal chef de file du behaviorisme dit « radical » que l’on doit la théorie du conditionnement opérant, mise au point, là encore, après des expérimentations sur l’animal. Selon cette théorie, les conséquences d’un comportement peuvent accroître la fréquence de ce comportement (on parle alors de renforcement) ou au contraire la diminuer (on parle alors de punition).

Ainsi, donner une récompense à un enfant après qu’il a rangé sa chambre renforce ce comportement spécifique si l’enfant range sa chambre de bon gré la fois suivante. Au contraire, donner un PV à un automobiliste parce qu’il n’a pas attaché sa ceinture peut constituer une punition de ce comportement si l’automobiliste ne répète pas ce comportement la fois suivante.

Le renforcement par la « lune de miel » selon Leonora Walker

A la fin des années 70, la psychologue Leonore Walker, fondatrice de l’Institut des Violences Domestiques, s’inspira des travaux de Skinner pour établir un modèle de violence physique conjugale, qu’elle nomma « cycle de l’abus » (Bell & Naugle, 2005 ; Miller et al., 2012).

Selon elle, la violence dans le couple s’organise en quatre phases temporelles distinctes :

  1. Une montée de la tension
  2. La crise (violence)
  3. Une phase de réconciliation
  4. Une période de calme, la « lune de miel »

Durant les phases de réconciliation puis de retour au calme, l’agresseur s’excuse pour son comportement et se montre conciliant. Il fait des cadeaux à sa victime, la complimente et lui montre des signes d’affection. Tous ces gestes constituent donc des renforçateurs de la décision de la victime de rester dans la relation. Ils permettent également de comprendre pourquoi de nombreuses victimes choisissent de retourner auprès de leur agresseur après une rupture.

Dans une étude réalisée en 2002, Sascha Griffing et ses collègues se sont ainsi intéressés à des femmes qui étaient retournées dans une relation abusive suite à une séparation pour cause de violence physique. 90 % d’entre elles l’ont fait en partie parce que leur partenaire avait exprimé des remords pour son comportement (Griffing et al., 2002). Pour les auteurs de cette étude, l’anticipation de la phase de « lune de miel » et de la récompense affective qu’elle suppose favorisait le retour dans la relation.

Les macaques de Harlow et la privation des renforçateurs habituels

D’autres recherches, portant sur l’animal, ont montré l’influence d’une disparition des renforçateurs habituels. En effet, à la fin des années 50, le psychologue américain Harry Harlow avait montré que priver de petits macaques de l’affection de leur mère les conduisait à rechercher cette affection perdue auprès de peluches, même dans des conditions désagréables. Ainsi, selon l’interprétation comportementaliste, la privation d’un renforçateur habituel, l’affection de la mère en l’occurrence, le potentialise et en augmente les effets.

La relation abusive est maintenue par la suppression des renforçateurs habituels
La privation des renforçateurs habituels en augmente les effets (image Pixabay, Christels)

Or la phase dite de « montée de la tension », dans le cycle décrit par Walker, correspond exactement à une privation progressive des renforçateurs habituels : moins d’affection, moins d’attention, moins d’intimité. Cette privation rend alors la victime plus sensible à leur retour, par le biais de promesses de changement, de cadeaux, de déclarations d’amours, etc., lors de la phase de réconciliation puis de calme.

Ainsi, dans l’étude de Griffing, 70 % des femmes invoquaient le « manque d’affection » pour justifier leur retour dans la relation toxique.

Un renforcement aléatoire contribue au maintien du comportement

Une autre propriété du renforcement, découverte par Skinner, est utile pour comprendre le maintien dans la relation toxique. Grâce à une boîte ingénieuse lui permettant de tester des programmes de renforcement sur des rats ou des pigeons, il était en effet parvenu à une conclusion étonnante : un comportement renforcé de manière aléatoire se maintien mieux qu’un comportement renforcé systématiquement.

Ce principe trouve des applications dans le dressage animal mais aussi chez l’homme. Les machines à sous des casinos, par exemple, illustrent parfaitement l’efficacité d’un programme de renforcement aléatoire. En effet, ces machines distribuent une récompense sonnante et trébuchante de manière totalement imprévisible. Elles augmentent ainsi la fréquence du comportement de jeu, jusqu’à créer une véritable addiction, comme en témoignent les pathologies liées aux jeu de hasard.

Or la plupart des victimes de relations abusives mentionnent l’imprévisibilité des crises de violence, et donc de la période de renforcement qui suit. Ce caractère aléatoire contribue également au maintien de la victime dans la relation.

La suppression du stress : une source d’addiction à la relation toxique ?

Un comportement peut être renforcé par une récompense, mais également par la suppression un stimulus aversif, désagréable. On parle alors d’un renforcement négatif. Ainsi, les rats soumis à des chocs électriques dans la boîte de Skinner apprenaient à appuyer sur un levier pour arrêter les chocs. L’arrêt du stimulus désagréable renforçait négativement leur comportement d’appui sur la pédale.

Durant la phase dite « de tension », le partenaire abusif se montre plus distant, irrité, critique et moins communicant. La violence psychologique s’amplifie, et la victime vit dans la crainte d’une explosion de la violence physique. Elle cherche alors à adapter son comportement afin d’éviter de déclencher une crise de toute manière inéluctable. Cette attente de la crise et l’incapacité à l’anticiper la plonge dans un état de stress important.

La crise vécue comme un soulagement

C’est pourquoi la victime vit souvent la survenue de la crise comme un soulagement des tensions et du stress accumulés. Une diminution de la violence psychologique lui succède. Cette diminution s’accompagne d’un calme relatif et d’une baisse de l’anxiété dont témoignent les victimes. La crise agit donc ainsi comme un renforçateur négatif du maintien.

Le renforcement aléatoire maintien dans la relation toxique
Un comportement renforcé aléatoirement se maintien plus longtemps (Image Pixabay, Shutterbug75)

Ce relâchement cyclique du stress au moment de la crise pourrait même avoir un caractère « addictif ». Les neurosciences ont en effet montré que les aires cérébrales impliquées dans les phénomènes d’addiction (circuit de la récompense) s’activaient également chez les sujets amoureux. D’autre part, il apparaît que le stress chronique entraîne des perturbations à long terme au niveau des structures cérébrales, favorisant les comportements addictifs. Il n’est donc pas impossible que l’addiction relationnelle toxique soit liée à l’évolution cyclique du niveau de stress durant les différentes phases de l’abus.

La dissuasion du départ de la relation toxique

Comme nous l’avons vu précédemment, un comportement peut se maintenir parce qu’il est renforcé. Mais aussi parce que ce comportement inverse est « puni » au sens du conditionnement opérant, c’est à dire dissuadé. Ainsi, quitter la relation toxique peut avoir des conséquences hautement dissuasives.

D’une part la victime peut perdre l’accès à un certain nombre d’avantages liés à la relation (logement, amis communs, loisirs partagés, facilités financières, intimité, affection, etc.).

D’autre part, sortir de la relation n’est pas la garantie d’une diminution de la violence, comme le montrent certaines études. En effet, la victime est souvent agressée par son ex-conjoint après avoir quitté la relation, mais peut l’être également dans une nouvelle relation (Ahmadabadi et al., 2018).

Enfin, la victime doit parfois faire face à une situation insoutenable (chômage, solitude, absence de soutien, etc.) qui la dissuade de quitter la relation ou justifie son retour.

Ainsi, les femmes abusées interrogées sur les motifs de leur retour dans une relation toxique mentionnent souvent la stabilité financière ainsi que le besoin d’intimité comme principales raisons.

Rester dans une relation toxique en se dupant soi-même : règles verbales et biais cognitifs

Si la plupart de nos comportements se maintiennent parce qu’il sont renforcés, d’autres semblent ne pas obéir aux lois du conditionnement opérant. Ces comportements particuliers se maintiennent en effet indépendamment de leurs conséquences renforçantes ou punitives.

Les psychologues comportementalistes ont montré expérimentalement que de tels comportements sont gouvernés par ce qu’ils appellent « règles verbales ». Celles-ci ont une origine culturelle, sociale ou éducative. Apprises dès l’enfance, elles persistent souvent à l’âge adulte, de manière non consciente. Cet apprentissage de règles verbales peut se faire naturellement à travers l’obéissance. Nous sommes récompensés pour avoir suivi la règle et punis pour l’avoir transgressée.

Comment les règles verbales rigidifient notre comportement

Par exemple, si un enfant met son bonnet pour se réchauffer les oreilles, ce comportement est renforcé parce qu’il vient satisfaire un besoin immédiat. A chaque fois qu’il effectue ce comportement, ses oreilles se réchauffent. Si par contre il le fait pour faire plaisir à sa mère, ou éviter qu’elle se fâche, il apprend la règle « je dois obéir à maman ». Ce type de règle est donc suivi, non plus pour satisfaire un besoin direct, mais en raison d’une recherche d’approbation. Au travers du suivi de ces petites règles verbales d’obéissance « pour ne pas fâcher », l’enfant peut apprendre alors la règle plus générale « je dois être obéissant pour être un bon garçon/une bonne fille, pour que maman continue à m’aimer ».

Le problème est que certaines de ces règles verbales vont se maintenir à l’âge adulte tout en s’étendant à d’autres domaines, alors même qu’elles ne sont plus fonctionnelles. Par ailleurs, elles vont s’avérer extrêmement résistantes à toute modification. En effet, aller à l’encontre de ces règles entraînera une réaction émotionnelle aversive intense (peur, culpabilité, détresse, etc.). L’individu cherchera alors à éviter cette réaction en se comportant de nouveau suivant la règle verbale, malgré son inefficacité.

L’insensibilité aux conséquences d’un comportement gouverné par des règles conduit ainsi à une forme de rigidité comportementale, mise en évidence expérimentalement, et considérée comme un des processus majeurs de la souffrance psychologique. Ces découvertes sont à la base de la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), qui vise précisément à redonner de la flexibilité psychologique et comportementale à l’individu en modifiant les règles verbales qui gouvernent son comportement.

Les règles verbales suivies par les femmes battues dans une relation toxique

Les études portant sur les femmes victimes de violences physiques ont mis en évidence l’existence d’un certain nombre de règles verbales non conscientes qui gouvernent leur comportement et leur choix de rester dans la relation toxique ou d’y retourner. Ces règles continuent à guider leur comportement même si celui-ci s’avère inefficace pour réduire la violence.

Voici quelques unes de ces règles :

  • « Si je continue à faire des efforts, mon partenaire finira par changer »
  • « Si j’obéis à mon partenaire, il ne sera plus violent avec moi »
  • « Une bonne épouse reste avec son mari »
  • « ça sera pire si je pars »
  • « Je suis responsable de ce qui m’arrive »
  • « Les gens me détesteraient s’ils étaient au courant »
  • etc.

Par exemple, une règle verbale du type « une bonne épouse reste avec son mari » se rencontre fréquemment chez des femmes ayant eu une éducation traditionnelle, fortement marquée par des valeurs patriarcales. Le message implicite d’une telle règle est que quitter son mari est « mal » et aura des conséquences sociales négatives. Certains chercheurs ont ainsi montré que les femmes qui restaient dans des relations abusives avaient tendance à adopter des valeurs liées à une répartition des rôles selon le sexe. Elles se considèrent comme dépendantes de la relation et pensent qu’elles sont responsables de l’unité familiale quel que soit le prix à payer.

L’investissement relationnel est un frein au départ

De même, une victime qui suit la règle verbale « si je continue à faire des efforts, mon partenaire finira par changer » risque de s’enfoncer davantage dans le piège de la relation toxique. En effet, ce type de victime se persuade qu’elle a une part de responsabilité dans les violences subies ou bien qu’elle peut « réparer » la relation. Elle aura donc tendance, pour ces raisons, à rester et s’investir davantage dans la relation, alors même que celle-ci continue à se détériorer.

Cette notion d’investissement est d’ailleurs centrale lorsqu’on s’intéresse à la décision de rester dans une relation toxique ou d’en partir. On peut le comprendre aisément. La présence d’enfants, l’achat d’une maison, de biens matériels communs, ou encore la durée de la relation sont autant de facteurs qui engagent la victime dans la relation et pèsent sur sa décision.

Pourtant, l’engagement ne s’encombre pas toujours d’une telle rationalité. Il peut en effet fonctionner comme un biais cognitif, c’est à dire une distorsion de la pensée. Celle-ci peut vite se transformer en un véritable piège psychologique. Les psychologues utilisent le terme d’« escalade d’engagement » pour désigner cette forme d’auto-tromperie aux conséquences parfois désastreuses.

L’escalade d’engagement, ou comment faire toujours plus de la même chose

L’escalade d’engagement se manifeste lorsque l’individu continue à s’accrocher à la décision qu’il a prise et à s’engager toujours plus avant dans l’action alors même que cette action s’avère inefficace et l’éloigne de son objectif initial.

Kurt Lewin a montré que la décision engageait l’individu beaucoup plus que ses attitudes (croyances, valeurs, etc.). Autrement dit, on s’attache plus aux choix que nous faisons qu’aux raisons qui ont justifié ce choix. L’enlisement de la guerre du Vietnam est une magnifique illustration de l’escalade d’engagement. Mais elle se manifeste aussi dans les petites décisions prises au quotidien par les individus. Elle est également utilisée comme technique de manipulation dans la vente.

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent »

Einstein

Les psychologues J.-L. Beauvois et R.-V. Joule ont par ailleurs montré que les individus sont d’autant plus engagés dans un comportement que ce comportement résulte d’un libre choix, qu’il a un coût élevé, qu’il est justifié par une motivation interne et non une récompense externe, enfin qu’il a un caractère public. Or ces quatre caractéristiques sont présentes dans les relations toxiques, qui sont à l’origine des relations librement choisies.

L’escalade d’engagement enferme donc les victimes dans un paradoxe étrange. Plus elles ont de bonnes raisons de partir, plus elles restent. Plus leurs attentes relationnelles sont déçues, plus elle s’engagent. Ce grand écart entre leur comportement et leurs attentes relationnelles se manifeste par un état psychique de dissonance cognitive.

Réduction de la dissonance : un puissant mécanisme d’auto-justification

Leon Festinger a théorisé la notion de dissonance cognitive en 1957, pour caractériser la présence fréquente de contradictions entre nos comportements et notre système de valeur ou nos croyances. Or ces contradictions engendrent un état de tension désagréable, de malaise.

De récentes études d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) ont mis en évidence l’activation de certaines zones du cerveau lors d’une induction de dissonance cognitive chez des sujets. Ces zones seraient impliquées dans la détection de la dissonance et l’envoi des signaux d’inconfort relatifs à cette dissonance.

Heureusement, le mécanisme de réduction de la dissonance permet de se débarrasser de cet inconfort en diminuantt le conflit interne qu’elle engendre. Cette réduction peut se faire en abandonnant le comportement problématique. Mais la plupart du temps, elle consiste à réajuster son système de croyances ou de valeurs, afin de maintenir le comportement problématique.

Les victimes qui décident de rester ou de retourner dans une relation toxique sont confrontées à une forte dissonance cognitive, comme nous l’avons évoqué. Le mécanisme de réduction de la dissonance va leur permettre de justifier ce choix.

La dissonance cognitive ou comment justifier l’injustifiable

Cette réduction pourra prendre la forme d’une minimisation de la violence subie (ex : « quand elle me traite de petit-gros, c’est affectueux », « ce n’était qu’une gifle », etc.). Ou bien d’une justification des causes de cette violence (« quand il a bu, il n’est plus le même », « elle a subi l’humiliation de son père lorsqu’elle était enfant », etc.). Elle pourra encore se manifester par une confiance illusoire en l’avenir (« c’est passager, elle va changer », « il est stressé par son travail en ce moment », etc.).

« Un renard affamé, aperçut des grappes qui pendaient d’une vigne grimpante et voulu les cueillir, mais n’y parvint pas. Il s’éloigna donc en murmurant […] « ils sont trop verts ». De même certains hommes, quand leur propre faiblesse les empêche d’arriver à leurs fins, s’en prennent aux circonstances »

Esope, Le renard et les raisins

Cette forme de rationalisation a posteriori des actes de violence est courante chez les victimes de violences conjugales. Elle est facilitée par un autre biais cognitif majeur : le biais de confirmation.

Biais de confirmation : le déni de la réalité

Ce biais cognitif consiste à ne retenir que les détails qui viennent confirmer nos croyances et nos hypothèses et à mettre de côté tout ce qui vient s’opposer à ces croyances. Nous avons vu précédemment que l’installation de la violence est progressive dans une relation toxique. Elle succède à une période de « lune de miel », durant laquelle une impression extrêmement favorable se construit. C’est particulièrement vrai dans les relations où les agresseurs souffrent de troubles de la personnalité de type narcissique ou borderline. Les victimes de telles relations décrivent en effet l’exaltation, la passion amoureuse et la perfection des débuts.

Le renard et les raisins (Image Pixabay, Alexas Fotos)

Lorsque surviennent les premières paroles et les premiers actes de violence, les victimes vont alors avoir tendance à focaliser leur attention sur les points positifs de la relation. Elles vont également écarter les informations qui vont à l’encontre de leur première impression.

L’oubli au service du maintien dans la relation toxique

Il n’est pas rare de constater que les victimes vont même parfois jusqu’à oublier les actes de violence qu’elles ont subis, afin de maintenir l’impression initiale. Cette altération des souvenirs est un mécanisme qui leur permet de protéger leur décision de rester, donnant ainsi de la cohérence et du sens à une relation qui en est parfois dépourvue.

Le biais de confirmation vise également, à travers l’oubli des événements dissonants, à satisfaire un besoin de préserver l’image de soi et la certitude d’avoir raison. In fine, c’est un mécanisme de protection de l’estime de soi (Travis & Aronson, 2016). Ainsi, le discours d’une victime quittant la relation toxique sera extrêmement critique à l’égard de son partenaire, violent et abusif. Ces critiques seront vite oubliées si la victime retourne dans la relation abusive pour laquelle elle trouvera des avantages. Dans les deux cas, la cohérence entre le comportement et les cognitions sera maintenue.

Une étude portant sur des femmes boliviennes subissant des violences physiques a ainsi mis en évidence l’importance des distorsions cognitives sur leur choix de partir de la relation. Plus ces distorsions étaient importantes, plus le choix du départ était remis en question après quelques mois.

Victime un jour, victime toujours ?

La description de processus psychologiques conduisant les victimes à rester dans une relation toxique ou à y retourner soulève la question du déterminisme. Autrement dit, les victimes sont-elles condamnées à ce type de relation dramatique ou bien peuvent-elles entrevoir des perspectives plus heureuses ? La question se pose de manière d’autant plus cruciale que certains indices suggèrent l’existence d’un pattern de victimisation dans le parcours de vie.

La répétition des scénarios de vie

Ainsi des études longitudinales montrent que le changement de partenaire n’est pas une garantie de l’extinction de la violence. Bien au contraire. L’expérience d’une première relation conjugale violente est, en effet, le principal facteur de risque d’une future victimisation. Plus cette première relation toxique est précoce, plus les chances de revivre une situation similaire sont importantes.

La manière dont certains patients reçus en thérapie perçoivent et expriment leur vécu relationnel est également empreinte de ce déterminisme. A l’image du film The Edge of tomorrow, ils ont en effet souvent l’impression de rejouer le même scénario de vie, accumulant les relations destructrices et abusives, comme si une force invisible les mettait toujours en contact avec le même type de partenaire « toxique ».

Enfin, certaines théories psychologiques fournissent des explications déterministes aux scénarios répétitifs observés. Qu’il s’agisse de la psychologie transgénérationnelle, de la théorie psychanalytique des « névroses emboîtées », de la théorie de la codépendance ou des styles d’attachement, toutes semblent prophétiser l’inéluctabilité de la répétition.

Réécrire un scénario de vie plus fonctionnel

Du côté de la psychologie comportementale, nous avons vu que des apprentissages précoces peuvent conduire au maintien des individus dans des relations abusives à l’âge adulte. Les études le confirment. Avoir subi de la violence durant l’enfance ou avoir été témoin de la violence parentale est en effet un facteur de prédisposition à vivre une relation abusive à l’âge adulte.

Cela ne signifie pas pour autant l’existence d’une relation de cause à effet. Tous les enfants ayant subi une forme ou une autre de maltraitance ne sont pas condamnés à vivre un scénario répétitif de relations toxiques une fois parvenus à l’âge adulte, et inversement. D’autre part, il est possible de remplacer les apprentissages anciens dysfonctionnels par de nouveaux apprentissages, plus fonctionnels. C’est le but d’une psychothérapie. La prise de conscience des mécanismes psychologiques et des règles verbales qui gouvernent le comportement et maintiennent le problème est déjà un premier pas. Le second est lié à la volonté de changement. C’est sans doute le plus déterminant et le plus courageux, car il implique un refus de considérer cette répétition comme une fatalité. Enfin le troisième est la décision de donner corps à ce changement, si besoin en se faisant aider par un professionnel.

Est-on une victime toute sa vie ?

La question du changement n’est d’ailleurs pas sans lien avec le problème posé par l’utilisation du terme « victime » lorsqu’on évoque la violence conjugale. En effet, peut-on encore parler de « victime » pour celui ou celle qui reste avec son agresseur ou bien retourne à ses côtés après l’avoir quitté ? La question est délicate, car cela revient également à poser celle de la responsabilité de ces « victimes » dans la situation qu’elles subissent.

Il me semble qu’il est utile de faire preuve d’un certain pragmatisme en la matière et ne pas renoncer trop rapidement à employer ce terme. D’abord pour une raison légale. La loi pénale condamne la violence conjugale et les victimes de cette violence ont droit à réparation. Dans de nombreux pays, la violence psychologique est maintenant également condamnée pénalement. Affirmer qu’Alex Skeel a été victime de violence conjugale de la part de sa partenaire va de soi. D’autre part, renoncer au terme de « victime » reviendrait à renoncer au terme d’agresseur. Or certains d’entre eux sont de véritables délinquants relationnels, qui répètent inlassablement le même scénario de domination et de contrôle dans leurs différentes relations, tout au long de leur vie.

Cependant, vouloir s’accrocher à tout prix au statut et au terme de « victime » ne me semble pas non plus souhaitable. Et ce, pour plusieurs raisons.

« Soyez donc résolus à ne plus servir »

Tout d’abord, ce terme simplifie et masque une réalité souvent complexe. En effet, dans environ la moitié des relations impliquant de la violence conjugale, cette violence est bilatérale. Par conséquent, on ne peut plus décrire sa dynamique selon un modèle causal simplificateur agresseur/victime. Chez ces couples, la violence s’est parfois installée comme un mode de vie accepté par les deux partenaires. Il structure le quotidien et maintien l’homéostasie de la relation.

« Soyez donc résolus à ne plus servir, et vous serez libre »

Etienne de la Boetie, Discours sur la servitude volontaire

D’autre part, le qualificatif de « victime » peut stigmatiser et finir par coller à la personne comme un sparadrap dont on arrive plus à se débarrasser. Il risque alors de devenir une véritable identité. Comme le disait la thérapeute solutionniste Yvonne Dolan, elle-même sexuellement abusée durant son enfance, « être une victime est un projet de carrière ». Ce statut renvoie souvent la personne à son impuissance à pouvoir agir pour modifier le cours de son existence.

C’est pourquoi, en thérapie, le renoncement au statut de victime est souvent un premier levier de changement. Il permet à la personne de se reconnecter avec ses ressources et prendre conscience de sa marge de manœuvre. C’est le passage obligé pour lui permettre de percevoir différemment sa situation et de retrouver sa capacité à faire des choix. Renoncer au statut de victime est la première étape pour espérer enfin reprendre le contrôle de sa vie.

Merci à Jean-Pascal pour son aimable relecture

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Jean-François Lopez

Psychologue clinicien, psychothérapeute. Diplômé de l'Université Grenoble Alpes, je me suis formé au modèle de thérapie brève systémique de Palo Alto, qui favorise le changement en faisant appel aux ressources de la personne.

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